Il fut un temps où l’on regardait les informations à la télévision, où l’on lisait son journal, où l’on écoutait la radio.
Puis on passait à autre chose.
Aujourd’hui, l’actualité ne nous quitte plus.
Elle nous accompagne partout.
Dans notre poche.
Dans notre salon.
À table.
Au réveil.
Et parfois… jusque dans notre lit, à l’heure où l’on devrait simplement fermer les yeux.
Les réseaux sociaux ont cette capacité extraordinaire de nous ouvrir une fenêtre sur le monde.
Ils ont aussi le pouvoir de nous pourrir la vie.
À force de laisser cette fenêtre ouverte, on finit parfois par ne plus pouvoir respirer.
Des images qui défilent.
Des vidéos qui choquent.
Des commentaires qui agressent.
Des opinions qui s’affrontent.
Des informations que l’on ne prend même plus le temps de vérifier.
Cette impression permanente que tout va mal.
Sur ce point, je rejoins notre président Macron dans son inquiétude face au déferlement permanent de haine sur les réseaux sociaux.
Pourtant, la Vie, ce n’est pas ce fil d’actualité qui défile sans fin sous nos doigts.
Ce n’est pas cette succession d’images soigneusement sélectionnées par des algorithmes pour retenir notre attention.
Ce n’est pas non plus cette colère que l’on finit par emporter avec soi, bien après avoir éteint son téléphone.
Car c’est peut-être là le véritable piège.
À force de regarder ce qui nous indigne, on finit par vivre avec cette indignation.
Elle nous accompagne.
Elle nous fatigue.
Elle nous pollue l’existence.
Et pendant ce temps…
La vraie vie continue.
Avec des choses infiniment plus importantes que le dernier commentaire d’un inconnu ou la dernière vidéo devenue virale.
Je ne prétends pas qu’il faille ignorer ce « nouveau monde », ni se désintéresser de ce qui s’y passe.
Je commence simplement à penser qu’il faut parfois savoir se protéger de cet univers « fake », de plus en plus nauséabond.
Parce que les réseaux sociaux ne sont pas la vie.
Cette vie IRL* comme disent les geeks.
Alors j’ai décidé de faire l’autruche.
Comme Mizaru et Kikazaru, ces deux singes de la sagesse qui se cachent les yeux et les oreilles.
Avant de finir comme le troisième, Iwazaru, à devoir me cacher la bouche…
À partir du vendredi 30 octobre au soir, je vais donc désactiver mes comptes Facebook et Instagram.
Pas de grand départ définitif.
Pas de compte supprimé.
Pas de porte claquée.
Simplement une parenthèse.
Pour retrouver un peu de silence.
Pour consacrer davantage de temps à ceux que j’aime, à mes projets, à mes souvenirs.
À la vie, tout simplement.
Pour un certain temps ou un temps certain.
💁🏻♂️
Plume Noire – en tentative de lâcher prise…
* IRL: In Real Life > dans la vraie vie

Autruche zébrée de sexe masculin. Né un dimanche de Pâques, avec le retour des cloches. Parfois amusé, parfois agacé, j’observe le quotidien avec curiosité et un esprit divergent. J’exprime ce que je vois, ce que je ressens… sans prétendre détenir la vérité, mais sans renoncer à dire la mienne.