1 385,9 milliards d’euros…
C’est l’augmentation de la dette publique française entre mars 2017 et juin 2026, calculée à partir des chiffres publiés par l’INSEE.
Près de 1 400 milliards d’euros supplémentaires.
Soit une augmentation de 62,7 % en un peu plus de neuf ans.
Ces chiffres sont vertigineux.
Je ne les invente pas. Ils sont issus de l’INSEE, à partir d’une simple recherche ciblée. Vous retrouverez les sources exactes en fin d’article.
Ils méritent pourtant d’être regardés avec honnêteté.
Non, Emmanuel Macron n’a pas personnellement signé chaque euro de cette dette.
Pourtant, il est aux commandes… et il participe aussi aux choix des « vannes » que l’on ouvre ou que l’on ferme.
Non, on ne peut pas non plus ignorer les Gilets jaunes, la crise sanitaire COVID-19, les conséquences de la guerre en Ukraine, les répercussions économiques éventuelles du conflit en Iran, la crise énergétique ou certains mécanismes économiques qui ont contribué à son augmentation.
Et non, la dette publique d’un État ne se gère pas exactement comme celle d’un ménage ou d’une entreprise.
Pas exactement.
Et si l’inverse était vrai, nous serions tous à Brégançon chaque été.
Heureux.
Insouciants.
Mais…
Cela exonère-t-il pour autant ceux qui nous gouvernent de leur responsabilité ?
Car derrière les crises, il y a aussi des choix.
Des budgets.
Des dépenses.
Des réformes engagées… ou abandonnées.
Des économies promises… mais pas toujours réalisées.
Et finalement une dette qui, année après année, continue de grossir.
En mars 2017, la France devait environ 2 210 milliards d’euros.
Comment est-ce possible ?
Puis « hier », en juin 2026, près de 10 ans plus tard… nous sommes passés à près de 3 596 milliards.
Oui…
3 596 milliards de dette.
Ce n’est pas seulement une question de chiffres. C’est aussi une question d’avenir. Car cette dette, nous devrons continuer à la financer.
Nous… mais aussi, et surtout… ceux qui viendront après nous.
Je ne prétends pas qu’il aurait été possible de traverser ces neuf années sans augmenter notre endettement.
Mais je refuse également de considérer qu’une telle augmentation serait une simple fatalité.
Qu’on n’y pouvait rien.
Que tout va bien.
Entre tout mettre sur le dos d’un seul homme et ne lui attribuer aucune responsabilité, il existe tout de même un espace pour dresser un bilan.
Avec des circonstances atténuantes, certes… et le poids des choix du passé.
Mais sans oublier non plus les décisions prises, les résultats obtenus et les comptes à rendre.
Parce qu’au bout du compte, quelques questions demeurent :
- Qu’avons-nous réellement obtenu en contrepartie de ces 1 385,9 milliards d’euros de dette supplémentaire ?
- Et surtout… qu’allons-nous laisser à nos enfants, à cette jeunesse qui devra vivre avec ?
Cette même jeunesse qui manifeste aujourd’hui.
Qui réclame davantage de moyens, de meilleures conditions d’études, un avenir plus juste.
Des revendications que chacun est libre de défendre, de discuter ou de contester.
Des revendications légitimes, pour certaines, face au laxisme de tant d’années passées.
Mais dans tout cela, il y a quelque chose qui me laisse perplexe…
Pendant que nous nous interrogeons sur les milliards de dette que nous laisserons à nos enfants, certains d’entre eux incendient des établissements scolaires, détruisent du mobilier urbain, dégradent des équipements publics.
Et la facture de ces destructions se chiffre déjà en millions d’euros.
Selon un premier bilan gouvernemental, nous en serions déjà à au moins 30 millions d’euros.
Des millions qui s’ajoutent aux milliards.
Des millions pour reconstruire ce qui n’aurait jamais dû être détruit.
Comme souvent d’ailleurs.
Tant que les casseurs ne seront pas les payeurs… pourquoi s’arrêteraient-ils ?
Quel paradoxe que de réclamer davantage de moyens pour l’avenir… tout en détruisant « le peu » dont on dispose aujourd’hui.
Et non, tous les jeunes ne sont pas des casseurs.
Heureusement !
Mais je trouve cette contradiction particulièrement révélatrice de notre époque.
D’un côté, une dette que l’on transmet aux générations futures.
De l’autre, des destructions qui viennent ajouter une facture supplémentaire.
Les responsabilités ne sont évidemment pas les mêmes. Mais au fond… la question est peut-être commune, non ?
Pourrait-on n’y voir aucun lien ?
Qu’il s’agisse des décisions de ceux qui nous gouvernent ou des dégradations commises par ceux qui prétendent défendre leur avenir…
Il y aura toujours quelqu’un pour régler la facture. Et pas nécessairement celui qui l’a engagée.
La dette se transmet.
Les dégâts se réparent.
Mais l’argent, lui, ne tombe toujours pas du ciel…
À qui le tour ?
Finalement… oui, je pouvais écrire.
Plume Noire – et si un jour nos politiques devenaient « responsables »…
Sources et précisions
1. INSEE — Dette publique, premier trimestre 2017
Publication du 30 juin 2017, Informations rapides n° 171.
Dette publique au sens de Maastricht : 2 209,6 milliards d’euros au 31 mars 2017, soit 98,9 % du PIB selon les données publiées à cette date.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2886569
2. INSEE — Dette publique, deuxième trimestre 2026
Publication du 29 septembre 2026, Informations rapides n° 239.
Dette publique au sens de Maastricht : 3 595,5 milliards d’euros au 30 juin 2026, soit 119,0 % du PIB.
https://www.insee.fr/fr/statistiques/9053525
Calcul présenté dans cet article :
3 595,5 − 2 209,6 = 1 385,9 milliards d’euros, soit une augmentation de 62,7 %.
Il s’agit d’une comparaison des montants publiés à chacune de ces dates. Les séries statistiques ont fait l’objet de changements de base et peuvent être révisées. Ce calcul ne constitue donc pas une comparaison à méthodologie strictement constante.
La dette publique au sens de Maastricht concerne l’ensemble des administrations publiques : État, administrations de sécurité sociale, administrations publiques locales et organismes divers d’administration centrale. Elle ne correspond pas exclusivement à la dette de l’État.
3. Ministère de la Justice — Violences en marge du mouvement lycéen
Communiqué officiel du 9 octobre 2026 : Bilan judiciaire des violences urbaines en marge du mouvement lycéen.
Le ministère confirme des dégradations touchant notamment les établissements scolaires et le mobilier urbain, dont la remise en état représente déjà plusieurs millions d’euros.
4. Le Parisien — Premier bilan national des dégradations
Article d’Olivier Beaumont et Marc Préel, publié le 9 octobre 2026 : « On sent une décélération » : comment le gouvernement voit évoluer le mouvement lycéen.
Selon le premier bilan gouvernemental rapporté par le journal, les dégâts matériels liés aux violences dans les lycées depuis la mi-septembre représenteraient au moins 30 millions d’euros. Il s’agit d’une estimation provisoire, non d’un coût définitif.

Autruche zébrée de sexe masculin. Né un dimanche de Pâques, avec le retour des cloches. Parfois amusé, parfois agacé, j’observe le quotidien avec curiosité et un esprit divergent. J’exprime ce que je vois, ce que je ressens… sans prétendre détenir la vérité, mais sans renoncer à dire la mienne.